Filières bois en France, état des lieux
La forêt couvre environ 17,6 millions d'hectares en France métropolitaine en 2024, soit 32 % du territoire, et sa surface a progressé de plus de 20 % depuis 1985 (inventaire forestier national de l'IGN, repris par le service statistique du ministère de la Transition écologique). Sur la période 2015-2023, la production biologique brute est estimée à 87,8 millions de m³ par an et la mortalité à 16,7 millions de m³ par an, contre 7,4 millions sur 2005-2013, sous l'effet des sécheresses et des insectes ; les prélèvements atteignent 50 millions de m³ en 2023.
En construction, le bois est employé en structure (charpente, ossature, lamellé-collé, bois lamellé-croisé), en enveloppe et isolation (panneaux, fibre de bois) et en finition (parquets, bardages, menuiseries).
Un rapport d'information du Sénat de juillet 2025 relève que les produits bois représentent environ un dixième du déficit commercial de la France, surtout du fait du papier et du meuble, et que la France reste déficitaire sur les bois techniques (bois abouté, lamellé-collé, lamellé-croisé, murs à ossature bois) malgré l'étendue de sa forêt.
Certifications FSC et PEFC
Deux systèmes internationaux de certification de la gestion forestière coexistent en France.
FSC (Forest Stewardship Council), créé en 1993. Son référentiel international repose sur 10 principes : respect des lois ; droits des travailleurs et conditions d'emploi ; droits des peuples autochtones ; relations avec les communautés ; bénéfices issus de la forêt ; valeurs et impacts environnementaux ; planification de la gestion ; suivi et évaluation ; hautes valeurs de conservation ; mise en œuvre des activités de gestion. Il est décliné en un référentiel national pour la France métropolitaine.
PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification), créé en 1999, reconnaît des systèmes nationaux de certification. En France, plus de 5,8 millions d'hectares de forêts sont certifiés PEFC en métropole, soit environ un tiers de la surface forestière, et 2,4 millions d'hectares en Guyane (PEFC France, juin 2026).
Les deux systèmes attestent la conformité de la gestion à un référentiel et assurent la traçabilité des produits par une chaîne de contrôle. Leurs exigences diffèrent sur plusieurs points, dont les coupes rases, les essences, la conservation et la consultation des parties prenantes ; la comparaison se fait sur les référentiels nationaux en vigueur, révisés périodiquement.
Un maître d'ouvrage peut préciser ses attentes dans un cahier des charges : origine géographique, mode de sylviculture, exclusion de certains types de coupes, traçabilité documentée jusqu'à la forêt d'origine.
Bois locaux par région française
La disponibilité des essences varie selon les régions.
Massif central et Pyrénées : sapin, épicéa et douglas (charpente, ossature), hêtre et chêne (sciages, parquets).
Vosges, Jura, Alpes : résineux (sapin pectiné, épicéa, mélèze, douglas dans les Vosges) en structure et bardage.
Bassin parisien et Normandie : chêne (sciages, charpentes traditionnelles), hêtre, frêne.
Façade atlantique : pin maritime (massif des Landes de Gascogne), peuplier, châtaignier (bardage).
Méditerranée : pin d'Alep, pin maritime, cèdre de l'Atlas, châtaignier des Cévennes.
Des marques collectives garantissent l'origine des bois et le lieu de leur transformation : Bois des Alpes et Bois des Territoires du Massif Central à l'échelle d'un massif, Bois de France à l'échelle nationale. Chaque marque fixe dans son référentiel son périmètre d'approvisionnement et de transformation, ainsi que ses modalités de contrôle.
Modes de sylviculture
Les modes de sylviculture se distinguent par la structure des peuplements et la nature des coupes.
Sylviculture irrégulière (futaie jardinée ou irrégulière) : prélèvements pied par pied ou par bouquets, maintien permanent d'un couvert forestier composé d'arbres d'âges et de dimensions variés.
Sylviculture régulière : peuplements d'âge homogène, éclaircies puis coupes de régénération, dont la coupe rase suivie de plantation, au terme de cycles dont la durée varie selon les essences.
Coupes rases : récolte de la totalité d'un peuplement sur une surface. Leurs effets sur les sols, la biodiversité et le paysage dépendent de la surface, de la pente, de la saison, des engins utilisés et du mode de reconstitution ; ils font l'objet de travaux de recherche et de débats publics.
Un cahier des charges peut exclure les bois issus de coupes rases au-delà d'une surface donnée ou de plantations monospécifiques à courte rotation ; ces exigences s'ajoutent alors à celles des certifications.
Articulation avec ZAN forestier
L'objectif d'absence d'artificialisation nette en 2050, fixé par l'article 191 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, s'accompagne pour la décennie 2021-2031 d'un objectif de réduction de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF), dont la loi n° 2023-630 du 20 juillet 2023 a précisé la mise en œuvre. Le défrichement d'un boisement pour y construire entre dans cette consommation.
Pour les opérateurs immobiliers, un terrain boisé en zone urbaine ou périurbaine relève donc de deux régimes : l'autorisation de défrichement prévue par le code forestier et la consommation d'espaces suivie par les documents d'urbanisme. L'état du calendrier ZAN à date est détaillé dans l'article consacré à la loi.
Limites et controverses
Plusieurs controverses sont documentées. Coupes rases : dans plusieurs massifs, dont le Massif central et le Limousin, des coupes rases suivies de plantations monospécifiques, de douglas notamment, sont critiquées par des associations et des chercheurs. Mécanisation : le passage d'engins lourds peut tasser durablement les sols forestiers, effet étudié par la recherche forestière.
Transformation : la France exporte une partie de ses bois bruts et importe des produits transformés, dont des bois techniques, ce que le rapport du Sénat de juillet 2025 analyse comme une fragilité de l'aval de la filière.
Depuis le 27 septembre 2026, la directive (UE) 2024/825 interdit les allégations environnementales génériques adressées aux consommateurs. Présentée comme un avantage environnemental, une mention « bois local » ou « bois français » se spécifie par des éléments vérifiables sur le même support : origine, certification ou marque, mode de gestion, lieu de transformation.